BOUH !

Publié le par cieragbag.over-blog.com

 

..spirer, peux plus respirer. Ils sont tous là.

A scruter ce qu'il y a en dedans, ce que ça veut dire « être souillé par le viol ». Ils ont des feux rouges sur le crâne, qui passent jamais au vert, jamais. Et à la place des yeux, des panneaux sens interdits... peux plus respirer. Ils trafiquent en dedans, en dedans du viol et je peux pas leur dire de fiche le camp, je peux pas leur botter le cul. C'est eux qui disent si les choses doivent changer... peux plus respirer. Et ils ont fini par me dire « sur le trottoir ma grosse » Bonignominie. Des bonshommes de bonignominie.

 

(...)

 

Bouh! s'organisera comme une performance radicale qui, dans la continuité de Silence! On vit, cherchera avec insistance les limites du rapport au public dans l'espace de la fiction.

Le public entrera dans une salle noire et ira se coucher sur un tapis étendu au centre de la salle. Les comédiens, munis de lampes de poche, seront les seuls à maîtriser l'éclairage de la pièce. Pas d'ingénieur lumière donc. Pas d'ingénieur son. C'est un dépouillement du dispositif scénique. Une connivence avec le théâtre pauvre.

Le principe: mettre le public dans un dispositif symbolique ramenant au sommeil et à son univers onirique. Une fois la situation posée, chaque comédien disposera d'une personne du public et amorcera une relation de forte intimité avec elle.

 

Y'a une fois j'ai eu envie de dire à un bonignoble: eh toi tu touches mes seins, tu sais même pas quel fil les a cousu. S'il avait su.

 

En menant un travail sur le jeu d'acteur, en s'appropriant la recherche sur les « états » élaborée par le metteur en scène brésilien André Carreira, les comédiens exploreront dans le « ici et maintenant » de la performance les limites de la relation verbale, émotionnelle et physique avec chaque personne du public. Jusqu'où puis-je le toucher? Jusqu'où puis-je brusquer son affectivité? Comment puis-je lui parler? Les réponses à ces questions seront, évidemment, propres à chaque représentation et à chaque relation de couple mise en place entre un comédien et un spectateur (qui devient l'interlocuteur).

Le rêve se transforme rapidement en cauchemar et s'achêvera par la sensation physique du sang versé par les comédiens:

 

Non c'est vrai, y'en a marre de tous ces hommes là, qui sautent sur ma vie avec leurs pieds sales. Je veux respirer. (…)

Je vais chercher la boîte à couture. Anesthésie générale, le son est coupé ...........................................................................................................................................

D'abord, on va coudre des nénés. Qu'est-ce que tu penses d'une fille comme moi qui aurait des nénés partout? Tu préfères que j'arrache tout. Elle découpe ses seins, ses cheveux, son nez, ses yeux. Anesthésie générale. Alors mon amour, tu es toujours mon amour? 

 

Un réveil sonne. Tout le monde se réveil et les protagonistes du rêve ont disparu, comme tous les jours de notre vie.

 

Cette performance va être travaillée au cours de longues séances de travail étalées sur la fin du mois d'octobre 2011 et jusqu'au début du mois de décembre 2011. Les premières représentations à l'UDESC (université étatique de Santa Catarina, Florianopolis, Brésil) auront lieu chaque soir de la première semaine de décembre. Une structure mobile permettant de « faire le noir » est envisagée pour transporter le dispositif aves l'équipe pendant les vacances d'été brésiliennes.

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