Silence, on vit

Publié le par cieragbag.over-blog.com

affiche provisoireLa Cie Rag-Bag crée en ce moment-même un spectacle qui pourrait s'apparenter à du cabaret cruel et intimiste. Un cabaret vindicatif, vengeur: Silence, on vit.


 

  L'aberration de cette injonction est mise en exergue tout au long de la piece par la prise en otage d'un public accusé de mutisme couard, accusé de fermer une gueule collective et individuelle.



 

Interpretes

Armand Delaval, le drôle de gars, le père, le porc

Lola Carriat, la femme

Daphné Achermann, l'ombre de la femme

 

Auteur

Amélia Bréchet

 

Chorégraphie

Daphné Achermann

 

Composition musicale

Armand Delaval

 

Mise en scène

Amelia Brechet     

 

 

 

Silence! on vit est la pièce d'un théâtre où musique, et danse racontent en même temps que les mots, et le jeu, l'histoire que cette Femme a besoin de nous dire.

Silence! on vit est une histoire à « double jeu »: c'est d'abord la séquestration du public par une femme en mal de mots, public qu'elle fait otage le temps de la représentation. C'est ensuite la raison de ce passage à l'acte violent qui est raconté par la femme et son joker, « le drôle de gars ». A travers l'histoire de sa vie, la femme met en relief la faute au silence, au non-dit, elle rend concrète la morbidité du mensonge inter-individuel, social... et historique.

La Femme prend à partie le public comme s'il était le relai actuel du Non-dit, celui qui l'a rendu haineuse, hystérique... seule.

 

Théâtralité

 

Finalement, les repères se perdent, les niveaux de jeu semblent se fondre: sommes-nous dans le temps du récit de sa vie, ou dans le temps (sur)réel de la séquestration? La femme qui, a priori, voulait mettre en scène devant les yeux de ses otages, les grandes étapes de sa vie, perd-elle la notion de jeu, et l'enjeu de son théâtre lorsqu'elle en vient à déchirer son enfant et à jeter les morceaux éparses au public comme elle l'avait évoqué en début de représentation en citant le Medespielede Heiner Muller. Cette ambivalence est-elle maîtrisée par la Femme? Manipule-t-elle les otages jusqu'au bout ou finit-elle par perdre les ficelles et s'étrangler avec?

La situation réelle de la représentation, le théâtre et le théâtre dans le théâtre entreront dans une drôle de danse ou il est peut-être question d'échanger les masques.

 

Une Mascarade?

 

Le Drôle de gars est le personnage clef de la théâtralité de la pièce. Sa position physique (estrade) et son comportement, l'inscrivent dans le spectaculaire. Il est le bouffon du roi décapité, le joker du prime-time de TF1, il saupoudre de paillettes le sang chaud qui a coulé sur scène. Ses grimaces répètent, hystériques, que tout cela n'est décidément pas sérieux.

Son changement réitéré de personnages voudrait faire croire à une mascarade sans fond.

C'est le choc du jeu de la Femme avec celui du Drôle de Gars, cette oscillation permanente entre le règlement de compte saignant et la mascarade douceâtre, qui parachève la cruauté du discours.

 

L'enjeu

 

Je considère Silence, on vit comme un chef d'accusation contre l'absence de dialogue et la démonstration in-situ de la morbidité de cette absence.

Il m'est apparu nécessaire d'écrire et de mettre en scène une pièce qui traite de ce sujet après que mes grands-mères m'aient raconté leurs histoires de vie. Certaines choses qui ont été dites pendant ces inappréciables conversations n'avaient encore jamais été formulées. Je me suis demandée alors comment on pouvait accepter de vivre pour soi et avec d'autres quand on refuse ou qu'il nous est refusé de communiquer?

 

L'enjeu de l'expression de l'individu dépasse l'enjeu individuel. L'individu ne se tait jamais seul, son silence s'insère dans un maillage relationnel, social et culturel qui constitue un milieu particulièrement pathogène. Si les individus étaient amenés à parler vraiment, à déchirer les faux-semblants, combien de pathologies humaines, et sociales seraient évitées? Combien de vies gagneraient en substance? Et quoi de plus subversif que des personnes et des groupes humains qui libèrent leur parole et maîtrisent leur expression?

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francoise brechet 02/09/2010 07:34


Bravo à toi, à vous tous
je vais être attentive à cette jeune compagnie. j'expère vous voir bientôt